Comment apprendre à un enfant à tenir parole

On considère qu’il est très important de savoir tenir parole. Et, en effet, lorsqu’un adulte ne respecte pas ce qu’il a promis, c’est désagréable pour son entourage. C’est pourquoi beaucoup de parents se disent qu’il faut apprendre à un enfant, dès le plus jeune âge, à tenir parole et à respecter ses promesses.

Mais comment s’y prendre ? L’une des façons consiste à exiger de l’enfant une promesse « de ne pas faire quelque chose », puis à attendre qu’il s’y tienne. Ce n’est pas la meilleure option. Malheureusement, il arrive que les enfants ne tiennent pas parole. Voyons pourquoi et comment faire autrement.

Principes qui aident l’enfant à tenir parole

Montrez l’exemple


Le plus important, c’est l’environnement qui entoure l’enfant. Si les adultes respectent les promesses qu’ils font à l’enfant et entre eux, l’enfant absorbe naturellement cette règle familiale.

Par exemple, le père avait promis de rentrer tôt, mais il a été retenu au travail et n’a pas tenu sa promesse. Pour lui, il y avait de « bonnes raisons » : le patron l’a gardé, la voiture est tombée en panne, etc. Il ne considère pas avoir manqué à sa parole.

Mais lorsque l’enfant avait promis de rentrer à une heure précise et qu’il arrive avec une heure de retard (il voulait terminer un match de football), le même père le gronde et affirme qu’il ne sait pas tenir ses promesses. Aux yeux des adultes, la différence est évidente et les affaires des enfants paraissent souvent moins importantes que celles des grands.

Pourtant, pour l’enfant, ses activités comptent autant que celles de son père. Et, dans une autre situation, le père a traîné au café après le travail : lui aussi y voit une « bonne raison » de ne pas tenir parole.

Conclusion : il faut être prudent avec les promesses. Comprenez que toutes les promesses ne sont pas tenues — par les enfants comme par les adultes. Adultes, ne promettez pas ce que vous ne pouvez pas assumer, et efforcez-vous de respecter tout ce que vous avez promis à votre enfant.

Autre exemple : la mère avait promis à Sonia, 5 ans, d’acheter une poussette de poupée onéreuse. Elle l’a promis… puis a oublié. Sonia, elle, s’en souvient et réclame la poussette. La mère aimerait bien tenir sa promesse, mais n’a pas envie d’acheter la poussette. Alors elle « coince » sa fille : Sonia avait promis de ne pas salir sa robe pendant la promenade — et l’a salie. La mère lui dit alors : « Tu ne tiens pas tes promesses, moi non plus : je ne t’achèterai pas la poussette. » Une petite ruse, n’est-ce pas ?

Laissez l’enfant formuler sa promesse


Quand un adulte (parent ou enseignant) exige d’un enfant ou d’un adolescent une promesse (« ne plus sauter sur le canapé », « ne pas chahuter », « bien travailler », « ne pas fumer », etc.), cette promesse verbalise en réalité ce que l’adulte veut obtenir de l’enfant. Rappelons que la promesse est un engagement volontaire de faire quelque chose.

Ne formulez pas la promesse à la place de l’enfant : qu’il la formule lui-même. Si l’adulte impose « Promets que tu ne feras plus… », l’enfant n’a le plus souvent d’autre choix que d’acquiescer. Il hoche la tête : « Je promets. » Mais l’initiative vient de l’adulte : l’enfant n’a pas été à l’origine de la promesse. C’est pourquoi il lui est souvent difficile de s’y tenir. Bien souvent, ce « je promets » est juste un moyen de faire cesser la morale parentale.

Adaptez la promesse à l’âge


L’enfant est-il réellement en mesure d’honorer la promesse demandée ? Un petit garçon de 3 ans peut promettre très sincèrement qu’il ne prendra « plus jamais » les jouets de sa sœur d’un an. Mais, quelques minutes plus tard, il rompt sa promesse. Il était pourtant sincère. D’où l’importance d’être prudent quand on demande une promesse à un enfant d’âge préscolaire : discernez celles qu’il peut tenir… et celles qu’il ne peut pas.

Pour les enfants scolarisés, évitez les promesses liées aux notes. Beaucoup d’élèves, le 1er septembre, se promettent de n’avoir que des « très bien ». Promesse difficile à tenir. Commençons plutôt par de petites choses : établissez des règles que l’enfant s’engage à respecter. Chaque famille a les siennes : petites tâches à la maison, heure de retour, préparation des devoirs, sac d’école prêt, etc.

Lisez des histoires et discutez des situations


Pour un travail plus ciblé, l’apprentissage par l’exemple — celui des autres et celui de l’enfant — est très efficace.

En littérature jeunesse : si l’histoire lue montre un héros qui ne tient pas sa promesse, discutez-en après : a-t-il bien agi ? Peut-on agir ainsi ? Que faudrait-il faire ?

Ne négligez pas non plus les « histoires d’autres enfants » que vous inventez : par exemple, racontez qu’un enfant avait promis à sa mère de ranger ses jouets et ne l’a pas fait. La mère, épuisée, les a rangés elle-même le soir venu.

Mais soyez attentifs aux messages des livres. Dans le récit « Parole d’honneur » de L. Panteleïev, on apprend à tenir parole coûte que coûte, au détriment de soi, simplement parce qu’on l’a donnée. Êtes-vous sûr de vouloir que votre enfant tienne toujours parole « quoi qu’il arrive » ?

Soulignez aussi que celui qui a exigé la « parole d’honneur » du garçon n’a pas tenu la sienne. Montrez qu’il existe des situations où l’on ne parvient pas à tenir parole — ou plutôt où la situation a changé au point de rendre la promesse impossible à tenir. Parlez-en honnêtement à partir de votre vécu : vous avez sûrement déjà voulu tenir parole, mais des circonstances vous en ont empêché.

Soignez la forme des promesses


Évitez d’exiger des promesses que l’enfant ne peut pas garantir. Préférez une demande formulée ainsi : « Je te le demande vraiment, essaie de ne pas te bagarrer dehors », « Essaie de ne pas oublier tes chaussures d’intérieur à l’école », etc. Même s’il promet et fait de son mieux, des circonstances peuvent l’empêcher de réussir — tout comme ce père retenu par son patron.

Encourager, analyser, progresser

Savoir tenir ce que l’on a promis est important. Alors, encouragez votre enfant lorsqu’il a tenu sa parole. Et si la promesse n’a pas pu être tenue, parlez-en ensemble : pourquoi cela s’est-il produit ? Cette analyse aidera l’enfant, par la suite, à être plus attentif à lui-même… et à ses promesses.

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