Comment, en tant que parent, se calmer dans une situation stressante pour ne pas décharger son anxiété sur les enfants ? Dans toute période difficile, il est essentiel de retrouver son équilibre intérieur et de reconstituer ses ressources : ainsi, vous ne transmettrez pas vos peurs à votre enfant.
En février, J'ai assisté à une conférence en ligne avec la psychologue et experte des formations Montessori que j'ai suivies , Elena Snarskaïa. Des élèves et anciennes élèves de l’école de formation y ont participé depuis différents pays et contextes : inquiétudes financières pour certains, départ précipité du foyer pour d’autres.
Les conseils discutés pendant ce webinaire conviennent à tous les parents qui s’inquiètent de l’avenir, mais souhaitent gérer le stress et élever leur enfant dans une atmosphère d’amour. Voici le compte-rendu intégral de cette rencontre.
Quand la situation évolue rapidement, on veut savoir en permanence ce qui se passe. Par crainte des mauvaises nouvelles, on actualise fils d’actualité et réseaux sociaux… mais cette sur-information augmente la très grande majorité du temps l’anxiété.
Lire des nouvelles ne vous aide pas à surmonter le stress. Si, pour votre famille, suivre l’actualité est vraiment indispensable (par exemple pour organiser le court terme), mettez en place des tours de veille : qui lit les infos, à quelle heure, et pendant combien de temps.
Si vous traversez un mélange d’émotions et peinez à gérer le stress, tenez un journal en le divisant en quatre colonnes :
Cette structuration vous aide à distinguer les faits des ressentis.
Dans la mesure du possible, menez une vie ordinaire : jouez et faites des activités avec votre enfant, voyez famille, amis et voisins.
Planifiez au moins quelques heures à l’avance : « Qu’y aura-t-il au déjeuner aujourd’hui ? Quelle chanson je chanterai au coucher ? ». Identifiez ce sur quoi vous avez prise maintenant et ce que vous pouvez réellement faire pour obtenir un résultat positif.
Exemples : préparer un sac d’urgence, cuisiner, ranger la maison, sortir avec votre enfant.
Les enfants perçoivent souvent les situations stressantes plus légèrement que les adultes. Un déménagement, une nuit passée dans un abri peuvent être vécus comme une variante de la normalité. Les enfants peuvent jouer et rire même dans des conditions difficiles.
La priorité du parent est donc de rester suffisamment stable, sans projeter sa peur ni son anxiété. Si l’enfant est effrayé et pleure, il faut contenir (accueillir et réguler) ses émotions. Pour cela, le parent a besoin de ressources internes.
Évitez les polémiques idéologiques avec des proches qui n’ont pas la même opinion. Vous les convaincrez rarement, mais vous altérerez presque à coup sûr votre équilibre.
Pour clore le conflit, utilisez des phrases-tampons, par exemple : « Tu as raison dans ta vision du monde. ».
Si vous pouvez aider un proche, dites-le : « Je serai là si tu as besoin de moi. » Précisez, si possible, comment (ex. aide financière).
N’exigez pas qu’ils agissent d’une certaine manière : chacun prend ses décisions importantes pour lui-même.
Comment savoir si je lis trop d’actualités ?
Si vous actualisez compulsivement, dormez moins bien, ruminez ou vous sentez tendu après la lecture, c’est trop. Fixez un créneau court (ex. 2×10 min/jour) et tenez-vous-y.
Que faire si je craque devant mon enfant ?
Dites simplement : « Je suis triste/inquiet en ce moment, ça va passer. Je t’aime et je m’occupe de nous. » Puis appliquez une technique d’ancrage (respiration 4-6, verre d’eau, marcher 5 min).
Comment “contenir” les émotions d’un enfant qui pleure ?
Accueillez : « Tu es effrayé/en colère, je comprends. Je suis avec toi. » Proposez un contact physique si c’est accepté, puis ramenez à un rituel connu (lecture, chanson, jeu calme).
Et si la famille se dispute à table sur l’actualité ?
Proposez une règle claire : pas d’actu pendant les repas. Si la discussion démarre, utilisez la phrase-tampon et changez d’activité (dessert, vaisselle partagée).